Sur un devis de chauffage de 12 000 € hors taxes, l’écart entre 6 % et 21 % de TVA représente 1 800 €. Ce n’est pas un détail comptable, c’est souvent ce qui fait basculer un projet du côté « faisable cette année » ou « on verra plus tard ». Or les règles ont changé deux fois en moins de dix-huit mois en Belgique, et beaucoup de propriétaires raisonnent encore avec les anciennes.

Voici l’état réel de la situation en 2026 : quels travaux passent à 6 %, lesquels sont désormais taxés à 21 %, et comment vérifier votre situation avant de signer.

TVA 6 % en Belgique : le principe de base n’a pas changé

Le taux réduit de 6 % sur les travaux de rénovation reste conditionné à trois éléments, tous cumulatifs :

Ce cadre couvre l’isolation, la toiture, la menuiserie, l’électricité, la plomberie sanitaire et, historiquement, le chauffage. C’est précisément sur ce dernier point que tout a bougé.

Chaudières gaz et mazout : c’est 21 % depuis juillet 2025

Depuis le 29 juillet 2025, la fourniture avec installation d’une chaudière alimentée par un combustible fossile (gaz naturel, mazout, propane, charbon) est facturée à 21 %, quelle que soit l’ancienneté du logement. La circulaire administrative 2025/C/47 du SPF Finances a fixé le cadre.

Une mesure transitoire maintenait les 6 % pour les contrats signés au plus tard le 28 juillet 2025, à condition que la TVA soit devenue exigible avant le 30 juin 2026. Cette fenêtre est aujourd’hui fermée. Si vous avez un devis de chaudière gaz signé en 2025 mais non exécuté, le taux applicable est désormais 21 %.

Concrètement, sur un remplacement de chaudière gaz à condensation à 6 500 € HTVA :

Ce n’est pas un hasard administratif. La logique fiscale fédérale est d’orienter les ménages vers des systèmes décarbonés. Le message est clair, même s’il pénalise ceux dont le logement n’est pas encore prêt pour une pompe à chaleur.

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Pompes à chaleur : 6 % même dans un logement neuf depuis 2026

Le mouvement inverse s’applique aux pompes à chaleur. Depuis le 1er janvier 2026 et jusqu’au 31 décembre 2030, le taux de 6 % s’applique à l’installation d’une pompe à chaleur dans tous les logements, y compris ceux de moins de 10 ans et les constructions neuves.

C’est un changement notable. En 2025, un propriétaire d’une maison de 4 ans payait 21 % sur sa PAC. Aujourd’hui, il paie 6 %.

Sur une installation air/eau à 15 000 € HTVA, l’écart atteint 2 250 €. À cela s’ajoute, en Wallonie, la prime régionale si les conditions d’octroi sont réunies. Nous détaillons ces montants dans notre guide sur la prime pompe à chaleur en Wallonie.

Attention à un point souvent mal compris

Le taux réduit vise les appareils destinés au chauffage du logement et à la production d’eau chaude sanitaire. Un système conçu exclusivement pour rafraîchir, comme une climatisation non réversible, reste taxé à 21 %. Une pompe à chaleur air/air réversible utilisée comme chauffage principal se situe dans une zone qui mérite une analyse au cas par cas avec votre installateur et votre comptable.

Entretien et réparation : le 6 % reste applicable

Bonne nouvelle pour les propriétaires qui gardent leur installation actuelle. La réforme vise la fourniture avec installation d’un nouvel appareil. Elle ne touche pas les prestations d’entretien et de dépannage.

Dans un logement de plus de 10 ans, restent donc à 6 % :

Si vous vous demandez à quelle fréquence cet entretien est légalement requis, notre article sur les obligations d’entretien de chaudière en Wallonie détaille les délais par type de combustible.

Le piège du devis « ventilé »

Certains installateurs proposent de découper le devis pour faire passer une partie de la chaudière fossile sous un poste taxé à 6 % : conduites, radiateurs, thermostat, main-d’œuvre.

Il faut être direct : une ventilation artificielle constitue un abus de droit. Le SPF Finances a explicitement visé cette pratique : faire figurer un thermostat non installé, gonfler la valeur d’un poste annexe, ou ventiler un ensemble qui forme économiquement une seule opération. En cas de contrôle, la régularisation porte sur la différence de TVA, majorée d’amendes, et c’est le maître d’ouvrage qui est en première ligne.

Cela dit, une ventilation réelle est légitime. Si vous profitez du chantier pour remplacer aussi vos radiateurs et refaire un circuit sanitaire, ces postes existent bel et bien de manière autonome et suivent leur propre régime. La ligne de démarcation est simple : le travail a-t-il été réellement effectué et facturé à sa valeur normale ?

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Comment ce changement modifie l’arbitrage financier

Avant juillet 2025, comparer une chaudière gaz et une pompe à chaleur revenait à opposer un investissement de 6 000 à 8 000 € à un investissement de 12 000 à 18 000 €, tous deux à 6 %. L’écart initial était lourd et beaucoup de ménages choisissaient la chaudière par défaut.

Le calcul a changé. Prenons un cas type de maison quatre façades en Wallonie :

Poste Chaudière gaz PAC air/eau
Montant HTVA 6 500 € 15 000 €
Taux de TVA 2026 21 % 6 %
Montant TTC 7 865 € 15 900 €
Prime régionale éventuelle Aucune Selon revenus et conditions

L’écart brut reste réel, environ 8 000 €, mais il se réduit dès qu’on intègre la prime et les coûts d’exploitation sur 15 ans. Reste que la pompe à chaleur n’est pas la réponse universelle : dans une maison mal isolée, avec des radiateurs dimensionnés pour du 70 °C, le rendement s’effondre et la facture d’électricité surprend. C’est le point que nous vérifions systématiquement avant de recommander quoi que ce soit.

Pour les ménages qui doivent quitter le mazout, notre analyse du remplacement d’une chaudière mazout en Wallonie compare les scénarios réalistes.

Le boiler thermodynamique : un cas intéressant

Si votre chaudière tient encore quelques années mais que votre boiler électrique tire 1 500 à 2 000 kWh par an, le boiler thermodynamique devient un projet à part entière. Il relève de la catégorie « production d’eau chaude sanitaire par pompe à chaleur » et bénéficie donc du taux de 6 %.

Investissement typique : 2 500 à 4 000 € HTVA. C’est le chantier de transition le plus accessible, sans toucher au circuit de chauffage.

Ce qu’il faut vérifier avant de signer

  1. La date de première occupation de votre logement. Un acte notarié, un ancien bail ou une facture d’énergie ancienne font foi. En cas de doute, l’administration accepte plusieurs types de preuves.
  2. La mention du taux sur le devis, poste par poste, et non un global flou.
  3. L’attestation client. Depuis 2022, la mention obligatoire figure sur la facture elle-même ; si vous ne la contestez pas dans le mois, elle vaut confirmation. Lisez-la.
  4. La cohérence entre la description du matériel et le taux appliqué. Si un devis annonce 6 % sur une chaudière gaz en 2026, posez la question. Ce n’est pas un cadeau, c’est un risque que vous portez.

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Questions fréquentes

Quel est le taux de TVA pour une pompe à chaleur en 2026 en Belgique ?

6 %, pour tous les logements, y compris ceux de moins de 10 ans et les constructions neuves. Cette mesure fédérale court du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030 et concerne la Wallonie, la Flandre et Bruxelles. Elle vise les appareils destinés au chauffage et à l’eau chaude sanitaire.

Puis-je encore obtenir 6 % sur une chaudière gaz ?

Non pour la fourniture et la pose d’un appareil neuf : le taux est de 21 % depuis le 29 juillet 2025. La mesure transitoire pour les contrats signés avant le 28 juillet 2025 a pris fin le 30 juin 2026. En revanche, l’entretien et la réparation de votre chaudière existante restent à 6 % dans un logement de plus de 10 ans.

Mon logement a 8 ans, puis-je bénéficier du taux réduit ?

Uniquement pour une pompe à chaleur, grâce à la dérogation entrée en vigueur en 2026. Pour les autres travaux de rénovation (isolation, sanitaire, électricité), la condition des 10 ans reste applicable et vous serez à 21 %.

La TVA à 6 % est-elle cumulable avec les primes wallonnes ?

Oui. Ce sont deux dispositifs indépendants : la TVA est fédérale, les primes Habitation sont régionales. Le montant de la prime est toutefois calculé sur des plafonds et peut dépendre d’un audit de logement préalable selon la nature des travaux. Attention à ne pas confondre avec les dispositifs français comme MaPrimeRénov’, qui ne s’appliquent pas en Belgique.

Qui est responsable si le mauvais taux a été appliqué ?

L’entrepreneur émet la facture, mais le client atteste des conditions d’application du taux réduit. En pratique, l’administration peut se retourner vers les deux. C’est pourquoi un installateur sérieux vous demandera des éléments sur l’âge et l’usage de votre logement avant d’établir le devis.

Un immeuble à appartements donné en location bénéficie-t-il du 6 % ?

Oui, si le bien est utilisé exclusivement ou principalement comme logement privé et qu’il a plus de 10 ans. Le fait que vous soyez propriétaire bailleur plutôt qu’occupant ne bloque pas le taux réduit.

Faire le point sur votre projet avec CFA

CFA est un chauffagiste de proximité basé à Tournai. Nous intervenons sur le chauffage, le sanitaire, la climatisation et la ventilation, chez les particuliers comme chez les professionnels du Tournaisis et du Hainaut occidental.

Sur un projet de remplacement, nous commençons toujours par le même travail : évaluer l’état réel de l’installation, l’isolation, les émetteurs existants et votre consommation, avant de parler matériel. Le taux de TVA fait partie de cette analyse, parce qu’il pèse directement sur l’arbitrage final.

Le devis est gratuit et sans engagement. Vous pouvez nous joindre au +32 69 21 18 26 ou passer par notre formulaire de contact.

Les informations fiscales de cet article reflètent la réglementation en vigueur en août 2026 (circulaire SPF Finances 2025/C/47 et mesure TVA pompes à chaleur 2026-2030). Elles sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l’avis de votre comptable ou du SPF Finances pour votre situation particulière.